Iconomie et innervation – Pour une généalogie du regard endetté

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Conférence de Peter Szendy, maître de conférences, université Paris X-Nanterre, conseiller à la cité de la musique, Paris.

« Comme l’eau, comme le gaz, comme le courant électrique viennent de loin, dans nos demeures, répondre à nos besoins moyennant un effort quasi nul, ainsi serons-nous alimentés d’images visuelles ou auditives, naissant et s’évanouissant au moindre geste, presque à un signe ». Ces mots de Paul Valéry (« La conquête de l’ubiquité », dans Pièces sur l’art) semblent décrire d’avance la vertigineuse circulation des images aujourd’hui, ce tourbillon d’images qui inscrit nos yeux dans l’économie d’un vaste marché iconique, qui fait de nos regards le théâtre de ce qu’on peut appeler une iconomie de masse. Citant ces mots de Valéry dans la dernière version de son célèbre essai sur « L’œuvre d’art à l’ère de sa reproductibilité technique », Walter Benjamin avait entrepris de montrer – si on sait le lire – que notre vision est dès lors gouvernée par la dette. Déchiffrant et prolongeant ses intuitions fulgurantes, on tentera d’indiquer non seulement la généalogie de ce regard endetté qui est devenu le nôtre, mais aussi l’archéologie matérielle des dispositifs qui l’ont innervé, comme dit Benjamin : depuis les ascenseurs ou les escalators jusqu’à l’exploitation actuelle des techniques d’oculométrie (eye tracking), nos yeux ont incorporé l’infrastructure qui les voue à l’iconomie capitaliste.

Toutes les dates

4 décembre 2014 UFR Lettres et langues, amphi Virginia Woolf : 1 rue Raymond Cantel, 86000 Poitiers, France
14 h 00 -> 16 h 00
 

2 Commentaires

  1. bonjour,
    quand j’ai découvert le titre de cette conférence sur un magazine de Poitiers destiné au grand public, je me suis sentie très nulle car je n’ai rien compris au titre. Alors, désirant en apprendre un peu plus, j’ai interrogé mes collègues qui évoluent, dois je le préciser, dans un milieu plutôt intello… sans doute pas assez car toutes les personnes interrogées sont restées baba devant ce titre, personne n’a compris un traître mot de ce titre. La seule explication plausible a été « c’est du jus de cerveau de certains universitaires qui s’y croient »
    Franchement, pour éviter d’inciter le quidam de la rue à se cultiver, il faut poursuivre ce type d’œuvre écrite. Autrefois, les médecins et les curés parlaient latin ce qui leur conféraient une plus grande aura. Pas sûr que ces temps aient beaucoup changé.
    Enfin, je souhaite aux participants de cette conférence d’avoir eu droit à un exposé clair qui ne les a pas pris « pour le peuple d’en bas » Chantal nocquet

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    • Bonjour
      en règle générale, c’est l’intervenant qui choisi le titre de son intervention notamment dans un cadre universitaire (néanmoins ouvert à tous) comme celui-là. Je ne peux pas vérifier tout de suite. Il est très possible que l’enregistrement de la conférence soit disponible en ligne en audio ou en vidéo.
      bien cordialement
      Thierry Pasquier

      Répondre

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