Précarité et discrimination, les marqueurs par excellence de la condition des étrangers

jeudi 19 octobre 2017

Tous publics Accès libre.

Conférence de Danièle Lochak, professeure émérite de droit public, université Paris- Nanterre, membre et ancienne présidente du Groupe d’information et de soutien des immigré-e-s (Gisti).

Précarité, parce que l’étranger n’a le droit d’entrer puis de demeurer sur le territoire du pays d’accueil qu’en vertu d’une autorisation potentiellement révocable. En sursis dans un pays qui n’est pas le sien, il est non seulement maintenu dans l’incertitude du lendemain mais n’a de ce fait qu’une jouissance précaire des droits dont il n’est pas expressément privé.

Discrimination, car les étrangers ne jouissent pas de l’intégralité des droits et libertés reconnus aux nationaux. Au-delà même des droits civiques qui sont réservés à ces derniers, la conjonction d’une forme de protectionnisme et d’une conception craintive de l’intérêt national aboutit à refuser aux étrangers bien d’autres droits et prérogatives, notamment dans la sphère économique et sociale.

S’il est vrai qu’une conception plus exigeante de l’universalité des droits de l’Homme a entraîné une régression des discriminations directement fondées sur la nationalité, la politique de « maîtrise des flux migratoires » a empêché cette évolution a priori positive de produire tous ses effets. Car que pèse la proclamation solennelle de la liberté d’aller et venir, du droit à la sûreté, du droit au respect de la vie familiale ou du droit d’asile face à la multiplication des obstacles à la liberté de circulation, à la restriction des possibilités d’accès au séjour régulier, à la démultiplication des contrôles policiers, à la banalisation de l’enfermement ?

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