Le mythe de l’égalité à l’aune de l’intersectionnalité

jeudi 16 novembre 2017

Tous publics. Accès libre.

Conférence de Djaouida Sehili, maître de conférences en sociologie, responsable scientifique de la Chaire égalité, inégalités et discriminations, IETL-université Lyon 2, centre Max Weber.

Parmi les nombreuses questions pertinentes posées par Nacira Guenif-Souilamas, je retiendrai plus particulièrement celle-ci : quel prix faut-il payer pour trouver sa place ? Partant de l’imagerie ambiante selon laquelle l’intégration se produit d’abord par les femmes, et plus spécifiquement les filles de migrant-e-s qui seraient naturellement portées à se distancer des traditions familiales, les études sociologiques montrent en réalité que l’intégration par l’émancipation (c’est à dire en réalité par l’assimilation) est ressentie comme une assignation ou une contrainte plus que comme une libération. L’intégration dont il est question est strictement normative, elle suppose une certaine compétence à se conformer qui passe par la réussite méritocratique. De fait, en transformant les facteurs d’exclusion, puis de discrimination, en facteur d’inclusion, la promotion de la parité et de la diversité porte donc bien l’idée d’une égalité sous conditions de « performance de la différence », au sens à la fois de son conditionnement à la rentabilité de la mixité et à la mise en scène d’une singularité. Concept libéral, la diversité se situe dans une certaine continuité de l’idéologie coloniale qui vise à masquer la pratique et le vécu de discriminations réelles induites par le Genre, la Race et la condition économique supposées des indivu-e-s. C’est en cela que l’approche intersectionnelle me semble plus que jamais heuristique à la compréhension de la division internationale du travail et à la hiérarchisation qu’elle reproduit.

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