Construire notre cathédrale : les enjeux techniques

Une équipe pluridisciplinaire rattachée à l’axe Territoires, monuments et techniques (Claude Andrault-Schmitt, dir.) du Centre d’Etudes supérieures de Civilisation médiévale a mis en œuvre des études croisées sur la cathédrale de Poitiers. Ce monument de style gothique est dépourvu de sources de chantier, mais il recèle sa propre histoire si on le soumet à l’analyse, voire à une simple lecture : ainsi, la date de la pose de la première clef de voûte, 1167, est inscrite dans la pierre.

Il a semblé utile de diffuser les premiers résultats de l’enquête sur les savoir-faire : notamment les questions se rapportant à l’implantation dans le quartier, aux outils utilisés, aux marques lapidaires, à la qualité du vitrail posé dès les débuts, aux méthodes de construction des voûtes d’ogives et à leur rapport avec les systèmes de toiture, au montage de la façade et de sa rose… Les points concernant le couvrement et la silhouette sont particulièrement sensibles : le système est original ; on ne peut lui appliquer les explications univoques de nos anciens manuels. L’usage de voûtes bombées « angevines », qui montrent des ogives épaisses sur lesquelles sont posés de minces voûtains, puis de fines ogives toriques traversantes complétées de liernes, pose le problème de la restitution du procédé (envisagé avec les moyens de l’époque), mais aussi celui du rapport entre l’invention technique et la mutation esthétique.

La présentation sera élargie et étayée par une mise en perspective effectuée par des spécialistes reconnus de l’archéologie monumentale (Angers, Lyon).

Organisée en partenariat avec le CESCM de l’université de Poitiers, sous la responsabilité scientifique de Claude Andrault-Schmitt, professeure d’histoire de l’art médiéval à l’université (CESCM) de Poitiers. Avec la participation de : Pierre Cazenave, Conservateur régional des Monuments historiques ; Marie-Thérèse Camus, professeur émérite, CESCM ; Claudio Galderisi, directeur du CESCM.

Enregistrements

Programme

9h30 accueil par Claudio Galderisi, directeur du CESCM, Didier Moreau, directeur de l’Espace Mendès France, CCSTI en Poitout-Charentes, Marie-Thérèse Camus, conservateur en chef des Monuments Historiques, François Jeanneau, architecte en chef des Monuments Historiques, Jean-Claude Desoyer, président du CCSTI Mendès France

10h-11h

  • Le surgissement d’une œuvre monumentale : l’implantation et les fantômes des cathédrales antérieures par Brigitte Boissavit-Camus, maître de conférences d’Archéologie, université de Paris X.
  • Présentation des choix architecturaux : les singularités techniques, leur place dans l’histoire des monuments français voûtés d’ogives par Claude Andrault-Schmitt, professeur d’histoire de l’art, CESCM Poitiers.

11h15-12h15

  • La taille de la pierre ; les indices visibles par Eliane Vergnolle, professeur émérite à l’université de Franche-Comté.
  • Quelques réflexions sur les marques lapidaires par Vincent Debiais, ingénieur de recherches au CESCM, inscripthèque.

14h-15h30

  • La modélisation des voûtes d’ogives bombées : interrogation sur les procédés constructifs par l’équipe du génie civil, ENSMA/ESIP Poitiers : Jacques Texereau et Anne Pantet, directeurs d’études.
  • Un exemple contemporain, Saint-Martin d’Angers. Les enseignements des dernières campagnes d’archéologie monumentale par Daniel Prigent, archéologue départemental, Angers.
  • Couvrement, couvertures et écoulement des eaux dans la partie orientale : vers une meilleure connaissance du chantier par Bénédicte Fillion-Braguet, documentaliste-historienne de l’art au cabinet de l’architecte en chef des Monuments historiques.

16h-18h

  • La fabrication et la composition du vitrail de la Crucifixion : les questions techniques posées à l’occasion du démontage par Karine Boulanger, ingénieur d’études au Centre André Chastel, Corpus Vitrearum, Paris IV.
  • La façade occidentale : la mise en place des portails sculptés par Chiara Piccinini, maître de conférences à l’université de Bordeaux
  • La façade occidentale : le problème du montage de la rose par Markus Schlicht, chargé de recherches CNRS au CESCM.
  • En guise de conclusion : l’éventail des études possibles par Nicolas Reveyron, professeur d’Histoire de l’art à l’université de Lyon 2 et membre de l’IUF.

Entrée libre

Toutes les dates

20 mars 2008
9 h 00 -> 17 h 00
 

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