La pré-histoire des chambres de merveilles : de l’égypte ancienne, à la Mésopotamie, l’Iran et à la Chine

Conférence d’Alain Schnapp, professeur d’archéologie grecque, université de Paris I.

Dans toute collection il y a dilection, quelque chose d’indéfinissable qui conduit les hommes de tous âges, origines ou confessions à extraire de leur environnement des objets ou de simples agrégats naturels pour les préserver, les étudier, les exposer ou les thésauriser. K. Pomian a défini l’activité du collectionneur comme une opération sémantique : les objets de collection sont des « sémiophores » parce qu’ils signifient quelque chose pour celui qui les détourne de leurs usages fonctionnels, du lieu où ils reposaient, des couches qui les recouvraient. Un des plus anciens objets de cette sorte connu est un oursin fossile ramassé par un prêtre de l’Egypte ancienne qui s’est empressé d’y inscrire son nom. Mais on peut remonter plus loin comme A. Leroi-Gourhan qui observait dans l’une des grottes d’Arcy-sur-Cure des silex qui remontaient à une date beaucoup plus ancienne que celle du niveau dans lequel ils avaient été découverts. Preuve sans doute que les hommes du paléolithique étaient capable de distinguer des industries anciennes et attachaient quelque importance à leur découverte. Le collectionneur trouve dans la collection son plaisir, il est capable de constituer en série les objets ou les fragments les plus improbables.

L’histoire des collections et des collectionneurs commence en général à la fin du moyen-âge. En me penchant sur la pré-histoire des collectionneurs et des antiquaires de l’Egypte ancienne au monde chinois en passant par la Mésopotamie et le monde iranien, je voudrais montrer que la curiosité antiquaire est une des composantes essentielles de l’esprit humain.

Site internet consacré aux Cabinets de curiosités, suite aux journées d’études et à la parution de l’ouvrage : « Curiosité et cabinets de curiosités », éditions Atlande (textes réunis par Pierre Martin et Dominique Moncond’huy).

Ce site internet est réalisé en partenariat avec l’université de Poitiers.

Le comité scientifique est formé de Anne Bonnefoy, Espace Mendès France ; Jean Céard, professeur émérite à l’université de Paris X-Nanterre ; Pietro Corsi, professeur à Paris I Panthéon- Sorbonne ; Pierre Martin, université de Poitiers ; Myriam Marrache, université de Poitiers ; Dominique Moncond’huy, professeur de littérature, université de Poitiers ; Krzysztof Pomian, historien et philosophe, directeur émérite au CNRS, université N. Copernic, Torun.

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12 mars 2008
18 h 30
 

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