Algériens ou Français ? Les obstacles de l’ordonnance du 21 juillet 1962 pour les harkis

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Conférence de Melissa Byrnes, ACLS/Mellon Recent Doctoral Recipient Fellow, American Council of Learned Societies, PhD, Georgetown University et Jeannette Miller, Camargo Foundation Fellow et historienne, Penn State University.
Conférence suivie d’un débat portant sur le regard que développent deux historiennes américaines sur l’histoire de France. La conférence est en langue française.

L’ordonnance du 21 juillet 1962 stipulait que « les personnes de statut civil de droit local originaires d’Algérie, ainsi que leurs enfants [pouvaient], en France, se faire reconnaître la nationalité française selon les dispositions du titre VII du code de la nationalité française. »
Paradoxalement, cette ordonnance créait aussi plusieurs obstacles dans le processus d’accession à la nationalité française des populations dites harkis. Ces derniers ne devenaient pas automatiquement Français; ils devaient au contraire se soumettre à une démarche spécifique qui leur imposait notamment de venir s’installer en France alors que l’administration créait des obstacles à leur départ d’Algérie depuis le cessez le feu du 18 mars 1962. Ils étaient aussi assignés à une lourde procédure de naturalisation qui exigeait de nombreux documents administratifs qu’ils n’étaient pas toujours en mesure de fournir. Cette législation fut ainsi à l’origine de leur « double exil » — à savoir, physique et psychologique — et provoqua une myriade de questions sur leur place de citoyens dans la société française post impériale. Rappelons que la moitié d’entre eux a été écartée dans des camps de réfugiés et était de fait reléguée aux marges de la société métropolitaine qui était supposée les accueillir.

A la recherche de leur place : Deux communes et leurs populations nord-africaines
Les banlieues parisiennes de Saint-Denis et Asnières-sur-Seine ont vécu l’arrivée des Nord-Africains de deux manières très distinctes.
D’un côté, Saint-Denis—une ville rouge avec une forte présence communiste—voyait dans cette population des alliés dans la lutte anticapitaliste et anti-impérialiste ; de l’autre, les Asniérois—avec des tendances politiques plutôt de droite—ne les accueillait qu’avec une certaine réticence. Cette analyse comparative des actions
municipales dans le domaine du logement au cours des années 1945-1975 insiste sur les conséquences de leurs conceptions différentes de cette population migrante et de son appartenance à la nation (et/ou aux villes), qui ont influencé les pratiques administratives des officiers municipaux. Néanmoins, chacune de ces deux villes a réussi à résorber leurs bidonvilles et à reloger les Nord-Africains ; même si ni l’un ni l’autre pouvait prétendre à une vraie intégration de cette population dans leurs communes.

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9 novembre 2009
18 h 30 -> 20 h 30
 

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