Un film franco-nigérien et « La mise à mort du travail » primés au festival Filmer le travail de Poitiers

Actualisé le 8 novembre 2009 à 18 h 24.

Un documentaire franco-nigérien intitulé Pour le meilleur et pour l’oignon a remporté samedi à Poitiers le grand prix du premier festival « Filmer le travail », et La mise à mort du travail, récemment diffusé par France 3, a reçu le prix spécial du public.

Le festival a réuni pendant cinq jours des réalisateurs, chercheurs et professionnels du monde du travail avec pour objectif de « remettre en débat le travail ».

Pour le meilleur et pour l’oignon de Sani Elhadj Magori, tourné dans la région de Galmi au Niger, montre la vie sociale des paysans sur fond de course à la production de l’oignon local qui inonde les marchés ouest-africains.

La mise à mort du travail, une trilogie de Jean-Robert Viallet est le fruit d’une enquête de plusieurs mois sur les souffrances physiques ou mentales liées au travail et filmée dans des usines, un hôpital, un supermarché, un conseil des Prud’hommes. Les titres des trois volets, « la dépossession », « l’aliénation » et « la destruction » témoignent de la dureté du constat du réalisateur.

Le prix Restitution du travail est allé à On n’est pas des machines, de Sophie Averty et Nelly Richardeau. Le film présente le travail de deux psychodynamiciens tentant de concilier la prise en compte de l’élément humain et la productivité dans une usine du groupe SKF.

Le Prix de la création revient à Edie Laconi pour Les petites mains sur des jeunes handicapés mentaux travaillant dans un institut médico-éducatif.

Enfin le prix de la valorisation de la recherche a été attribué à Cheminots de Luc Joule et Sébastien Jousse qui expliquent comment le train structure un territoire et fédère une communauté professionnelle à partir de différents métiers.

Une trentaine de fictions ou documentaires étaient présentés, dont dix-huit films récents en compétition.

Le festival a également proposé des rétrospectives sur Raymond Depardon ou Ken Loach, dont des documentaires sont peu ou pas diffusés en France, et des tables rondes thématiques où réalisateurs, chercheurs et professionnels du monde du travail ont pu débattre de la manière de filmer le travail.

Initié par l’Université de Poitiers (Maison des Sciences de l’Homme et de la Société), l’Espace Mendès France et l’Association Régionale pour l’Amélioration des Conditions de Travail (ARACT Poitou-Charentes), le festival « Filmer le travail » s’est donné  pour objectif de diffuser ces différentes images et d’animer le débat et les échanges avec le public, notamment entre scientifiques, spécialistes de l’audio-visuel et acteurs du monde du travail.

 

Publié par thierry pasquier

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